[YGGDRASILL]_Galerie_Héros (Hallbiorn)

Soumis par Saghonval le dim 31/05/2020 - 15:35
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Hallbiorn Egilsson (joueur Thomas), jeune Thulr, apprenti de Klemet.

Hallbiorn

Voici l'Histoire d'Hallbiôrn, telle que vous la connaissez :

Secrets de famille
Il est des familles où le sort s'acharne. Dans sa facétie, Loki semble parfois s'amuser à malmener certains plutôt que d'autres, et quand il se joue d'une proie, il ne la lâche pas aisément.
Ce qu'est devenu Hallbiôrn est intimement lié à l'histoire de sa famille.

Il est le 2ème enfant d’Egil Kolbjörnsson qui, contrairement à son frère aîné, Gilsur Kolbjörnsson (le père adoptif d'Ingvar), n’a jamais eu une vie facile et sa famille non plus.

On dit beaucoup de choses sur le père d'Hallbiôrn.
Voilà en tout cas ce que les plus anciens du village racontent sur lui aux oreilles toujours avides de superstition :

Jeune, Egil était un chasseur très doué et aussi très arrogant. Bien plus social que son aîné Gilsur, il faisait la fierté de son père, Kolbjörn.
A l’âge de 14 ans, lors de son rituel de passage à l’âge adulte, Egil annonça qu’il allait revenir de sa chasse avec une prise « exceptionnelle ». Il partit donc durant 4 jours dans les forêts les plus denses au sud de l’île de Fyn… Et il revint, couvert de sang, transportant la peau d’un impressionnant ours brun. Lorsqu’il annonça l’avoir traqué, abattu et avoir manger son cœur, il fut félicité et accepté au sein de la communauté des adultes.

Cependant, toute arrogance avait disparu en lui. Cette chasse l’avait transformée. Quelque chose s’était passée au cœur des bois de Diernæs mais Egil garda cela secret. Le jeune chasseur abandonna l’arc pour la hache et, à la surprise de tous, il devint un simple bûcheron.
Egil est aujourd’hui un forestier modeste installé dans une humble maison à l’extérieur de Rohald.

Hallbiôrn, les premiers pas
Egil n’a eu qu’une femme, Svalrún, qu’il a aimé passionnément et qui lui a donné 3 enfants avant de mourir en couche en tentant de donner naissance au 4ème.
Rúnhildur, la sœur aînée d’Hallbiôrn, s’occupe depuis du foyer.
Sævald, son frère cadet, devint bûcheron comme son père.

La famille a toujours été considérée comme assez « sauvage » par les citadins de Rohald. Plus d’une fois Egil a disparu en forêt sans crier gare durant de longues journées.
Le besoin d’Egil d’être au contact de la nature l’a rapproché de Klemet Gandalvsson, l’actuel Thulr du clan Kjari.

Hallbiôrn, n’ayant ni la carrure ni l’envie de devenir bûcheron, s’attacha au pas de Klemet afin de devenir son apprenti. Le côté distant et froid du fils d’Egil fit bon ménage avec le côté « dérangeant » du Thulr. De plus le jeune homme avait un côté sauvage, comme son père, et comme lui, un contact particulier avec la nature… Plus spécifiquement avec les animaux. Comme une prédisposition à les approcher et à les comprendre…

Hallbiôrn commença donc à apprendre les plantes, leurs propriétés et leurs usages, à se former à la connaissance des soins, à assister Klemet dans les rites funéraires les plus simples…
Les choses se mettaient en place, la destinée du jeune homme semblait tracée...

Un destin qui n'était pas aussi simple...

Lors de leur fameuse rencontre avec « Mørkegrå » , il y a 3 ans, le vénérable scalde s'arrêta sur la rune Nauthr rattachée au destin d'Hallbiôrn.
Ce que les autres en retinrent fut assez flou.
Le Scalde semblait concentrer son discours sur le Père d'Hallbiôrn, et non sur le futur Thulr lui-même.
Il était question d'une malédiction, fomentée par Loki, et en lien avec les événements survenus à Egil lors de sa Chasse contre l'Ours.
Sa première proie ne semblait pas être l'Ours lui même mais un loup dont le nom résonna dans l'esprit des jeunes gens : Sort Hud (Peau Noire), une créature protégée par Loki.

C'est là que l'histoire devint encore plus floue : il était question d'un Ours, venu aidé le père d'Hallbiôrn, chose plutôt étonnante, surtout que cet ours était bien celui dont l'homme avait ramené la peau, après avoir mangé son cœur, selon ses dires.
Que c'est cet acte qui sauva le jeune homme et lui permit de se remettre de ses blessures, attisant la colère et la rancune de Loki qui plaça Egil et sa descendance sous le signe de la pauvreté, de la souffrance et de la tristesse.

Hallbiôrn resta tout aussi évasif lorsque ses amis lui demandèrent plus d'information sur toute cette histoire. Ils étaient certain, compte tenu de la tête qu'il faisait, que leur ami en avait découvert plus sur sa destinée que ce qu'ils avaient compris de leur côté.
Mais il n'en dit pas plus.

Les récents événements éclairèrent cependant un peu plus l'esprit de ses amis.

Évènements récents :

A la suite du passage du scalde Urjyr « Mørkegrå », le jeune Thulr poursuivit sa formation avec encore plus de motivation. Il avait maintenant un objectif.

Mais la souffrance et la tristesse s'abattit à nouveau sur sa famille. Loki était toujours à l'oeuvre.
Sævald, le frère cadet d’Hallbiôrn, mourut, l’hiver suivant, emporté par la maladie. Hallbiôrn, malgré son début de formation ne fut pas en mesure de le sauver. Klemet, en mission à ce moment-là au côté du Jarl Hrolf, rentra trop tard à Rohald.

Le père de famille, profondément touché par cette nouvelle perte, disparut durant quatre jours au cœur de la forêt.
Selon les chasseurs et les forestiers du clan Kjari, c'est aussi durant cette période qu'ils entendirent les hurlements d’un ours puissant, bien qu'aucun n'ait pu le voir.

Cette information fit forcément échos dans la tête des amis d'Hallbiôrn.
N'avaient-ils pas entendu aussi le hurlement d'un ours, la veille, lorsqu'ils étaient allés rendre visite à leur ami pour le soutenir, lui et sa sœur, dans l'épreuve terrible qu'ils traversaient ?

Comportement :

Hallbiôrn est un jeune homme renfrogné, susceptible et de ce fait plutôt désagréable.
Il est à première vue assez froid, voire hautain. Mis à part les personnes qu'ils considèrent comme respectables et compétentes, il voit la plupart des gens comme des idiots ou des faibles, indignes de la bonté des Dieux.

Il n'hésite pas à faire des remarques acerbes envers ceux qu'il estime ainsi le mériter. Ce qui lui attire fréquemment au mieux des insultes, jusqu'à déclencher parfois des rixes où il échange avec bon cœur quelques mauvais coups.
Bagarres qui sont parmi les rares instants où l'on peut le voir sourire.

Mais pour ceux qui le connaissent, il est en fait assez humble, ne se plaçant pas plus que ça au dessus des autres. Il est même plutôt rude avec lui-même et très (trop) autocritique.
Il ne tolère pas la médiocrité, et encore moins la sienne.

Ceci, associé à ses principales qualités (oui, quand même...), à savoir la loyauté et le respect des règles, en font finalement quelqu'un digne de confiance.
Ses rares amis (les autres PJs) ont su, à force d'efforts, aller au delà de la carapace, et le comprendre en apprenant un peu plus de son histoire et de celle de sa famille.
Et même s'il reste parfois des plus pénibles, ils ont découvert quelqu'un sur qui ils ont pu compter dans les meilleurs mais surtout dans les pires moments.
Ces derniers représentent donc les rares personnes à avoir toute sa considération.
D'autant qu'ils ont pour la plupart le courage de supporter ses humeurs.
Ils ont toute sa loyauté et ils savent, pour l'avoir déjà vécu par le passé, qu'il n'hésitera pas à se mettre lui même en danger pour les défendre. Parfois de façon presque stupide.

En parallèle de cela, il remplit son rôle d'apprenti Thulr avec implication et sérieux.
Tout simplement parce que c'est dans l'ordre des choses et que pour être exigeant avec les autres, il faut savoir l'être avec soi-même.
Là encore, ceux qui le côtoient régulièrement perçoivent que sa ténacité et son implication semble être motivées par un dessein ou un but que Hallbiôrn semble s'être fixé.
Un fardeau qui semble tout particulièrement lourd à porter.

Portrait :

Si son comportement bourru le fait ressembler à son père et à ses frères, physiquement, Hallbiôrn tient plus de ce qu'était sa mère. Svalrún était en effet menue et pas très forte. C'est par sa volonté et son courage qu'elle remplissait la plupart des travaux difficiles du foyer.

Hallbiôrn est de cette veine : il peine à soulever les lourdes haches de bûcheron et encore plus à déplacer les grumes comme le fait aisément son père.
Ceci s'explique notamment par sa taille plus que moyenne pour un homme du nord (un peu moins d'1m70), et son manque de musculature.

Mais il est plutôt résistant et dur au mal. Il n'est pas dit que la maladie de son frère aie pu l'emporter aussi facilement s'il avait été à sa place.
Cette résistance alliée à sa ténacité compense son manque de force et il est en mesure de marcher des heures sans sembler fatigué. Et cela l'aide à tenir les longues soirées, se retrouvant souvent seul (et saoul), tard dans la nuit avec ses cousins Ingvar et Yngwe. Les deux Scaldes dont il envie, en lui même, leurs qualités oratoires et surtout, leur aura auprès des autres (surtout des filles d'ailleurs).

Visuellement, le jeune homme n'a pas les traits traditionnels des siens. Cheveux châtains foncés, yeux noirs, le visage rond. Si ce n'était les oreilles décollées communes aux mâles de la lignée, on aurait pu croire qu'il n'était pas le fils de son père.

La famille d'Hallbiôrn est plutôt pauvre. Malgré un travail harassant, les aléas de la vie semblent s'être acharnés sur eux, les éloignant d'un niveau de vie satisfaisant. Cela se ressent dans la tenue du jeune homme.
Assez simple, souvent en mauvais états, ses vêtements sont usés jusqu'à la corde avant d'être véritablement remplacés.

Ses possessions sont par ailleurs très réduites et il n'affiche bien entendu aucun bijoux ou objet de valeur sur lui. Mis à part son couteau de forestier qu'il emmène partout (« on n'sait jamais », comme il grommelle souvent), il n'a pas grand chose à lui.

Noooon ! J'ai mis du temps avant de retrouver où j'avais entendu ce nom (merci internet).
C'est certain qu'avec une comparaison comme celle là, la légende est bouclée...
Par contre, ça va être difficile de se faire des amis :)

Hallbiôrn poussa la porte de la maison. Beaucoup appellerait plutôt cela une cabane, ou une hutte. Qu'ils aillent se faire voir, c'était sa maison... Et il sentait déjà le fumé magique d'une soupe ou d'un ragoût cuisant lentement dans l'âtre.
A l'intérieur, dans la pénombre, il aperçut la silhouette de Rúnhildur. Elle se tourna alors vers lui et l'accueillit d'un sourire : 

- Ah, c'est toi... Comment va le vieux Ilmar ? Vous avez pu faire quelque chose avec Klemet ?
- Oui, répondit le jeune homme en laissant tomber sa besace au sol, on a pu prier pour que Hel l'accueille pas trop durement...
- Hall' ! Elle pointa sa louche en bois vers lui. Tu ne devrais pas. Ilmar a été un grand combattant, il mérite l'accès au Valhöll !
- Les grands combattants qui finissent en petit vieux, gras et stupides, sont rarement sélectionnées par les Valkyries.
- Dans ce cas tu devrais faire attention à toi. Et ramasse moi-ça, j'espère que tu ne comptais pas sur moi pour le faire.

Hallbiôrn haussa les épaules et récupéra ses affaires sur le sol.
Rúnhildur, sa sœur, de deux ans son aînée... Il l'adorait. Depuis la mort de sa mère, il y a de cela treize hivers déjà, elle était devenue la maîtresse des lieux.
Elle gérait tout à la maison, en l'absence des hommes partis dans les bois ou veiller les futurs morts comme il le faisait lui même.
Il avait cinq ans quand sa mère est morte, son image d'elle était donc plutôt vague, mais quand il regardait sa sœur, il imaginait qu'elle pouvait lui ressembler : une femme de petite taille, menue, au longs cheveux sombres, noués en bataille vers le sommet de son crâne.
Un tempérament de feu, un courage d'acier et un amour d'eau pure.

Hallbiôrn serra les dents. A vingt hivers passés, elle continuait de sacrifier sa vie pour son père et lui. Egil n'avait jamais pris d'autre femme. La plaie béante qu'avait laissé la mort de Svalrún ne s'était jamais refermée.
Il en avait déjà parlé avec Rúnhildur, mais pour elle, il n'y avait rien d'autre à envisager. Son destin était celui là.
« J'te jure que ce satané destin va changer, ma sœur ». Se dit-il à lui même. Elle ne pouvait pas finir ses jours ainsi, à s'occuper d'un père qui finira par vieillir, et à mourir, la laissant seule et trop vieille pour trouver parti.

- Qu'est ce que tu as ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?
- J'ai croisé Helgi. Il m'a demandé comment tu allais. Et s'il te verrait à la fête ?
- Et tu lui as dit quoi ?
- Que bien sur et que tu lui donnais rendez-vous devant la Maison Longue ce soir là.
- Hallbiôrn Egilsson !

La porte s'ouvrit alors. Sauvant Hallbiôrn de la fureur de sa sœur. Son père apparut dans l’embrasure de la porte :

- Ah, fils. Tu tombes bien, je devais te parler.

Hallbiôrn se redressa. Depuis la mort de son frère, il s'était persuadé qu'il aurait mieux valu que le mal l'emporte à sa place. Sævald était fort et solide. Il assistait son père à la perfection, se démarquait déjà dans les concours de force, malgré son jeune âge et rendait fier son père.
Tout ce que lui même ne pouvait pas faire. Il le savait, il ne pourrait jamais compenser l'absence de son frère, comme sa sœur n'avait pas pu le faire avec celle de sa mère, malgré tous ses efforts.

Il hocha la tête et suivit son père qui se dirigeait vers la pièce qui leur servait de stockage.
Egil en tira une grosse mâle, dont le triste état avait toujours fait penser à son fils qu'elle devait contenir au mieux une famille de souris.
Il en ouvrit le couvercle et sans un mot, en sortit une veste de cuir renforcée qu'il posa au sol.
Puis, il piocha à nouveau dans le coffre et Hallbiôrn ne put avoir qu'un frisson en voyant ce qu'il en sortait cette fois : la peau d'un ours, de taille impressionnante, parfaitement conservée.

Il ne l'avait jamais vue, mais les histoires qu'il avait entendues lui permirent de tout de suite la reconnaître : il s'agissait de la peau de cet ours, le premier et le dernier que son père avait tué, et qui l'avait fait passer dans l'âge adulte, récupérant au passage la malédiction de Loki.

Egil fixait les deux objets, le regard un peu perdu. Quelques minutes s'écoulaient et Hallbiôrn n'osait rien dire. Rúnhildur avait cessé de tourner la soupe. Il se doutait que sa sœur regardait la scène avec la même émotion et la même incrédulité qu'il vivait lui-même.
Son père finit par briser le silence :

- Je ne peux pas garder ceci dans cette malle éternellement. Cela ne sert à rien (Il marqua une pause). Je vais les confier à Thorik.
- Sans doute... Bredouilla Hallbiôrn. Le Forgeron saura quoi en faire. Sur !
Son père continua, sans prendre en compte la remarque de son fils, et pour cause :
- La veste est trop longue, il devra raccourcir l'ensemble et revoir les attaches. Avec un bon onguent, elle sera comme neuve. C'était de la bonne facture. (Il montra la peau de l'ours d'un mouvement de tête). Quand à ça, en taillant dans le plus épais, il peut en faire deux épaulières solides. J'ai dit au Norvégien que tu passerais demain à sa forge, pour qu'il prenne tes mesures.
- Mes... ? Que voulez vous dire, Père ? Je ne... Ce ne peux.
Egil posa sa main sur l'épaule de son fils en quittant la pièce.
- La soupe va être froide. Et je n'aime pas manger froid.
Hallbiôrn se tourna pour regarder son père se diriger vers la table de bois brut qu'ils avaient fabriquée ensemble. Une des rares choses dont le jeune Thulr était fier.
Il aperçut alors sa sœur qui le regardait.
Elle pleurait.